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 C'est moi le boss (deuxième partie)

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Hugoblin
Poète
Hugoblin

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MessageSujet: C'est moi le boss (deuxième partie)   C'est moi le boss (deuxième partie) EmptyLun 25 Avr - 20:05

Elle me le fit vite savoir, en effet, au matin, à peine avais-je allumé mon portable que celui-ci ce mit à faire un bouquant de tous les diables. Il m’hurla dans les tympans qu’Océane m’avait laissé une dizaine de messages sur ma boîte vocale. Celle-ci me demandait où est-ce que j’étais passé hier soir, elle en avait profité pour me traiter de tous les noms d’oiseaux que l’on peut trouver. Après quelques minutes, j’étais revenu au calme, sa voix criarde et mélodieuse avait quittée mes oreilles. Quelques minutes plus tard, mon « meilleur ami » arriva sans prévenir, je devais le tuer, aujourd’hui, c’était urgent ! Il me salua et ne me parla même pas des dossiers, il posa sa mallette sur mon bureau et l’ouvrit :
- De la farine de premier choix mon pote, garantie à quatre vingt dix pour cent pure, c’est pour tes clients, il y a bien cinq kilos…
A ça y est, la fameuse « farine », j’étais enfin confronté à ce problème, j’étais presque impatient de rencontrer cette poudre, je ne sais pas pourquoi. Il prit un petit sachet dans la mallette, on voyait noté dessus « 10 g ».
- Et ça c’est pour nous, t’es prêt ?
L’occasion inouïe était arrivée, je me rappelai que la coke pure devait être coupée avec du lait en poudre pour bébé. En effet, de la coke pure pouvait tuer un homme. J’attendis que celui-ci se rende aux toilettes, il m’avait demandé de la couper, justement. Je fis deux rails avec une carte de crédit American Express trouvée sur la table, mais le sien provenait ENTIEREMENT du sachet. C’était la première fois que je confectionnais des rails de coke, moment émouvant. Mais comme c’était la première fois, j’en avais mis partout par terre, il y avait eu pas mal de perte. Il revint, s’assit sur l’un des sièges en cuir et prit un tube en or qu’il avait sortis de son costar Alexis Marine. Je l’observais, il commença à sniffer, puis s’arrêta au milieu du rail, il était en sueur, il se mit à saigner du nez et à cracher du sang, il haleta :
- Pourquoi… Tu… ne l’as pas coupé ?
- Parce que je ne suis pas ton ami…
- Espèce de co…
Le pauvre ne finit pas sa phrase, il était mort, malheureusement, un problème que je n’avais pas soupçonné entra en scène : que faire de son corps ? Et puis, le sol était taché de sang, je ne pensais pas que c’était aussi dégueulasse de commettre un meurtre ! Je pris mon portable et appelai Ramon :
- C’est François ! Je me suis débarrassé de Dorian, mais le sol est très sale et je ne sais pas quoi faire de son corps… Connaîtrais-tu des gens pour compétent pour « nettoyer » la pièce ?
- Mais t’es complètement malade, qu’est-ce que je t’avais dis ? Tu n’aurais pas dû le faire si rapidement ! Enfin, ce qui est fait est fait ! Contacte les « nettoyeurs », c’est une de tes équipes spécialisées, c’est un peu les experts Miami, mais leurs services ne sont pas reconnus par la police, si tu vois ce que je veux dire…
- Merci beaucoup, on se voit bientôt, à plus tard.
J’allumai mon ordinateur portable, c’était la première fois en quatre jours, je n’avais pas eu une minute pour inspecter mon bureau, c’est crevant de posséder une boîte de nuit. L’écran d’accueil s’afficha, et ce que je redoutais aussi, il fallait un mot de passe pour entrer sur l’ordinateur. Comment j’étais sensé trouver ça moi ? Comme dans les films, je fis plusieurs tentatives, en vain. « Arlequin » ; « boîte de nuit » ; « coke », rien ne marchait… Je vis le cube multicolore sur mon bureau, rien ne m’empêchait d’essayer le mot « rubik’s cube », VICTOIRE, j’avais trouvé ! Le mot « accepté » fit place au fond d’écran, il représentait l’Arlequin, habillé en… Arlequin au bras de quatre sublimes filles, elles avaient été tellement bien polies et cirées, qu’on ne voyait presque plus les traces de la peinture, on pouvait même se voir dedans. Je trouvai, sur le bureau de l’ordinateur, un certain nombre de dossiers, eux même composés d’autres dossiers. J’essayai de trouver le numéro des nettoyeurs, ce que j’espérais vint à moi plus vite que prévu, le dossier : « numéros important » me tendait les bras. Des centaines de document Word portant les noms de « Papa Razzi » ; « Guillaume Calmiche » ou en encore « Dj Ridoo » s’offraient à moi. A l’aide de la souris noire et blanche, je trouvai le dossier « Nettoyeurs », là-dedans, il y avait plus qu’un simple numéro, il y avait encore des documents Word avec des noms espagnols, albanais ou anglais. J’en ouvris un nommé « Claus Richards », sur une vingtaine de pages s’étendait la biographie de cet homme et des photos volées de celui-ci. En bas, il y avait aussi son numéro de téléphone ainsi qu’une phrase à faire froid dans le dos.
« Statut : Eliminé pour trahison envers l’Arlequin et retard de paiement ».
On trouvait aussi un cliché de la scène du crime, à première vue, c’était une sacrée boucherie. Je fermai le document, j’étais traumatisé, mais quelque chose de pire m’attendait : un document portait le nom de mon ami Ramon, je l’ouvris, par curiosité, il était moins long et ne comportait pas les mêmes éléments que celui de Claus, je fus au bord des larmes quand je lus ces mots :
« Statut : en attente de traitement, pour vol d’arme et retard de paiement répétés. »
Je, ou plutôt « l’Arlequin » voulait tuer mon ami ? C’était insensé, pas lui ! Il y avait même la date et la cause de sa mort dans un article de journal DEJA écrit, je ne pouvais pas le croire, « je » corrompais même les journaux ? Cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : j’étais le maître de l’île… Les moindres désirs de l’Arlequin étaient exaucés. Je lis l’article sur Ramon :
« Ramon Alvarez né le 24 octobre 1976 à Madrid est mort ce Mardi 27 Août 2010 dans un accident de voiture. L’homme a percuté un poteau électrique aux alentours de la ville d’Eivissa alors qu’il roulait en état d’ébriété, les pompiers l’ont transportés à l’hôpital, il a succombé de ses blessures, à peine arrivé dans sa chambre. Il… »
Je ne pus aller plus loin, c’était horrible ce que l’Arlequin faisait, Ramon n’était malheureusement pas le seul, il n’était qu’un gibier de plus au tableau de chasse de l’Arlequin, il choisissait tout : les circonstances du meurtre, le lieu, l’arme : une vraie partie de Cluedo grandeur nature… Nous étions le onze août, j’avais à peine seize jours pour le sauver.

En dessous encore, je trouvai une feuille excel plus qu’intéressante, en effet, elle répertoriait toutes les « affaires » que j’avais eu avec les « nettoyeurs », les colonnes désignaient les mois et les lignes désignaient les « articles » qu’ils m’avaient achetés, il y avait trois lignes : armes ; drogue ; faux papiers. Ils m’avaient achetés une quantité importante de drogue durant l’année 2010 ; il y en avait pour plusieurs millions d’euros en tout. Cependant, il y avait une quatrième ligne qui avait son importance sur la facture, elle me répugnait encore plus que les autres, elle se nommait « ristourne sur articles ». Chaque mois, les nettoyeurs avaient rendus des « services » à l’Arlequin et ils obtenaient trois mille euros de réduction par service rendu. Je pense qu’ils devaient, en priorité, se débarrasser des personnes gênantes. J’arrêtai de regarder ces horreurs, c’était horrible, mais j’avais besoin d’eux ! Je les appelai, un homme à la voix forte décrocha instantanément après la deuxième sonnerie.
- Qu’y a-t-il pour votre service monsieur l’Arlequin ?
- Et bien, j’aurais besoin de « nettoyer » un corps, je viens de tuer un homme dans mon bureau, vous n’avez plus qu’à vous en débarrasser.
- C’est la première fois que vous nous appeler pour un cadavre prêt à emporter, monsieur l’Arlequin, dit-il avec un petit rire, la société des nettoyeurs vous en remercie. Nous arrivons dans une heure monsieur, le temps pour nous de préparer le matériel.
Je raccrochai, je regardais le corps de ma victime, il était aussi pâle qu’un drap, son visage avait perdu toute expression et faisait froid dans le dos, je l’enjambai pour aller chercher mon rubik’s cube en attendant que mon bureau se fasse nettoyer… J’avais accompli presque deux faces quand tout à coup, une camionnette noire arriva en bas de l’immeuble, et à peine cinq minutes plus tard, on frappa à la porte de mon bureau, j’ouvris, et dix hommes en mode « Matrix » entrèrent. Ils avaient tous des valises, un autre avait une grande malle de voyage. Ils sortirent un tas d’ustensiles pour se débarrasser du sang et des empreintes. Ils emportèrent le corps dans la grande malle et partirent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Ils portaient tous un pin en forme d’éclair vert sur leur costar. Vers dix sept heures, Ramon vint à la boîte, évidemment, je ne lui dis pas que les nettoyeurs voulaient le tuer. Je voulais garder ça secret, ne pas l’affoler. Quand il arriva, ce fut un homme bien différent que celui-ci que j’avais rencontré la veille, dans sa grotte. C’était quelqu’un de mon monde désormais, il s’était métamorphosé en à peine une journée, il était encore mieux qu’hier au soir !
- Qu’est-ce qu’il t’ai arrivé ?
- Tu sais, notre monde n’est qu’une attraction, c’est une succession de montagnes russes, on peut faire de douloureuses descentes mais de fabuleuses remontées, ça marche dans les deux sens, je n’avais plus un sou en poche, j’ai gagné gros sur un coup de bluff au poker, j’avais mis en jeu ma berline, la seule chose qui me restait. Tu sais jouer au poker j’espère ?
- Non, pas trop…
- Et ben va falloir apprendre, l’Arlequin est un as au poker, il lance souvent des défis en mettant en jeu beaucoup d’argent, mais il s’en fiche, il gagne tout le temps.
Qu’est qui m’avait pris de me lancer dans une aventure si dangereuse ? Même si j’aimais Océane, je regrettais déjà de l’avoir rencontrée, sans elle, tout ça ne serait jamais arrivé. J’avais peur, car avec le recul, je me rendais compte que ça ne pouvait me mener qu’à la mort. J’avais du boulot sur la planche, si je puis dire : dans une semaine et demi, l’Arlequin rentrera de ses vacances, il faudra que je disparaisse dans la nature bien avant. Je voulus dire à Ramon que les nettoyeurs le cherchaient, mais je ne sais pas comment il réagirait si je lui disais : « Mon autre moi, le vrai Arlequin, veut te tuer et il a mis les nettoyeurs sur le coup ». J’essayai de penser à autre chose en engageant une conversation sur ma boîte :
- Ramon, je possède la plus grande boîte de nuit d’Ibiza, c’est bien ça ?
- Oui, mais beaucoup de rivaux veulent te détrôner, notamment celui-ci, le « DJ Ridoo ».
Il me montra une photo de cet homme, il était typé asiatique et portait des lunettes Reban.
- Il est arrivé il y a deux ans, et depuis, il ne cesse de monter, il remix des musiques péruviennes, c’est pour ça que dois reprendre cette boîte en main et innover !
Il savait beaucoup plus de choses sur l’Arlequin que moi, je devais lui faire confiance, je continuai de faire mon rubik’s cube tout en lui parlant, j’étais déjà à deux faces ! D’après les conseils de Ramon, je devais me débarrasser de ce DJ, ce n’était pas bon pour les affaires.
- Au fait François, il faudrait penser à une séance de relooking, ce n’est pas que tu es un ringard, mais tu n’es pas à la hauteur vestimentaire de l’Arlequin… Il se fait tard, nous verrons ça demain…
Il partit, je me couchai directement, n’ayant toujours pas appelé Océane, je culpabilisais, à ce train là, j’allais la perdre pour de bon… Le lendemain, à sept heures, mon portable se mit à sonner, c’était Ramon qui m’appelait :
- François ! Je t’attends ! Qu’est-ce que tu fous ?
J’avais la légendaire, mais si réaliste, « tête dans le cul » le matin, je comprenais un mot sur deux et je me cognais dans tout ce qui croisait mon chemin.
- Ramon, il est sept heures ! C’est comme si je venais de me coucher !
- Feignasse, allez descends, faut qu’on commence à te faire changer d’apparence. Dans cinq minutes on part, fais vite !
Ce mec était sympa, il s’occupait de moi comme une nounou, je sens que cette journée n’allait, une fois de plus, pas être de tout repos, à peine quatre jours que je campais ce personnage et déjà, des valises avaient élues domicile sous mes yeux. Je m’habillai à la va-vite, un caleçon Eden Park, un jean Levi’s, une chemise Teddy Smith, mes lunettes D&G, un coup de peigne, et j’étais prêt ! Je ne voulais pas m’habiller trop chic aujourd’hui…

Arrivé en bas, je trouvai encore et toujours les agents d’entretien qui nettoyaient le souk que ma fête avait encore causé hier soir. Ramon était là, derrière les portes, dehors, il m’attendait en jouant avec les clés de sa Mercedes.
- Bah putain Cendrillon, t’en as mis du temps !
Il enleva ses lunettes pour mieux me dévisager, après quelques secondes, il me rétorqua :
- Mouais, apparemment, tu as essayé de faire des efforts, la prochaine fois ne fait rien, ça t’évitera de perdre du temps et ça donnera le même résultat…
Ça fait toujours plaisir un compliment de la part de ses amis… Il m’embarqua dans sa voiture, et nous nous rendîmes dans la plus grosse ville de l’île : Eivissa, il y avait de quoi faire niveau garde-robe. On commença par les chaussures. Je fus à peine rentré dans le magasin qu’une foule en délire se jeta sur moi tels des journalistes se bousculant lors d’une interview de Johnny Hallyday. Evidemment, deux de mes armoires à glace m’avaient suivies, de vraies sangsues, ils avaient vite calmés la foule rien qu’en montrant leurs muscles. Ramon voulut que j’ai ce qu’il y avait de plus cher. Les vendeurs nous emmenèrent donc dans une espèce d’arrière boutique avec seulement des marques de luxes, pour les femmes, des bottes Ferrari, pour les hommes des chaussures Lacoste, et oui, ça existe, mais seulement dans mon monde ! L’intérieur de cette arrière boutique était d’un blanc criard, la pièce était très lumineuse. Au lieu de trouver les conventionnelles boules de papier dans le bout des chaussures, il y avait des petits coussins rouges assez volumineux rembourrés avec des plumes d’oie très douces. C’était absurde, mais bon… Je vous passe l’essayage ce fut bien trop long et bien trop ennuyeux, pour vous donner une idée, il était à peine dix heures quand on est entré dans la boutique et nous sommes ressortis à midi, deux heures pour cinq paires de godasses (elles étaient moches en plus de ça !), où va le monde ? Surtout que cette petite escapade m’avait valu un malus de deux mille cinq cents euros sur MON compte personnel, car j’ai peut être oublié de le préciser, mais je n’avais toujours pas trouvé le code de la carte bleue de l’Arlequin, et Ramon avait refusé de me prêter de l’argent. Il avait sois disant perdu gros à la bourse pendant la matinée, quelques choses comme deux ou trois millions d’euros, une broutille. Selon lui, il allait vite récupérer cette somme… Maintenant, Ramon voulait que l’on achète des costumes et des pantalons. La carte allait encore chauffer ! J’allais devoir bientôt arrêter de banquer, car même si j’étais l’Arlequin, j’allais être interdit bancaire. Nous entrâmes de nouveau dans un magasin de luxe, dedans, tous les vendeurs étaient des garçons, un peu, voir pour certains, beaucoup efféminés. Tout comme les fils à papa, ils étaient habillés comme des pingouins, mais là, c’était plus des pingouins anorexiques qu’autre chose, comme les top models, ils avaient la peau sur les os. En engageant tous ces vendeurs dans un orchestre, on aurait pu donner un concert de xylophones à l’opéra de Sydney. Essayage sur essayage, nous allions repartir avec une dizaine de pantalons et six ou sept costumes, ainsi que quelques polos de marque, pour une valeur totale de plus de dix mille euros, heureusement pour moi, je ne sortis pas ma carte ! Ramon venait de recevoir un S.M.S. sur I.Phone 6, ce n’est pas erreur, il existe réellement ! Peut être pas dans votre monde, mais dans le mien, si. Je disais donc, il avait reçu un S.M.S comme quoi l’argent qu’il avait placé en bourse ce matin lui avait fait gagner le double de sa mise. Il était tellement heureux qu’il avait insisté pour m’offrir ces « modestes cadeaux », c’était les mots qu’il avait employé, je n’avais pas voulu le contredire. J’étais tellement ric-rac au niveau de mon compte bancaire… Mais en fait, quand on est riche, ou supposé riche, comme moi, ça ne sert à rien d’avoir de belles fringues, c’est vrai, depuis quatre jours, quand je suis dans le hall de la boîte je me ballade en peignoir alors pas besoin de se ruiner à acheter de belles affaires. Si vous avez un revenu modeste, vous prenez vos petites économies, vous vous payez une nuit dans un hôtel de luxe et vous achetez un peignoir avec vos initiales dessus. Ensuite, vous vous promenez pendant les deux jours à côté du bar de l’hôtel habillé de votre peignoir. En deux heures à coup sûr, vous ferez partie de la « jet set » ! Au moment de passer à la caisse le vendeur nous avait une espèce de blague seulement pour les riches, je mis dix ans à comprendre en plus c’était franchement nul. Il nous avait sortis tout en se passant la main dans les cheveux : « Vous savez ce qui est mieux qu’un polo avec un petit crocodile sur le côté droit ? Deux polos avec un petit crocodile sur le côté droit ». J’aurais jamais du vous faire part de cette blague, je suis sûr qu’en ce moment vous êtes en train de décrocher par rapport à votre lecture. Bon, fermons cette parenthèse, voila que Ramon me traînait chez un coiffeur… Quelques unes des petites vieilles dont nous avions parlées l’autre jour se trouvaient ici, elles se faisaient pour leurs jeunes hommes, enfin, belle, façon de parler, elles portaient leur casque de coiffure. Cependant, le coiffeur devait veiller à ne pas trop faire chauffer les casques de ces princesses du troisième âge : pour ne pas que leur silicone fonde, évidemment ! Intéressons-nous au coiffeur maintenant. Philipo de la Calvani, le fils d’un riche italien, son papa lui avait offert ce salon de coiffure, car, bizarrement, quand il avait dix ans, Philipo adorait jouer à la Barbie seul dans sa chambre. Je ne ferais aucun commentaire. Entre deux séances de shopping, il aimait coiffer ses poupées ! Depuis cette époque, il ne voulait faire que ça : coiffer ! Il avait du talent, on ne pouvait le nier, il avait beaucoup de clients, mais en passant, ses clients étaient les femmes des actionnaires de l’entreprise de papa. Non seulement papa lui avait offert son salon de coiffure, mais en plus, chaque semaine, il lui offrait des Barbie à coiffer avec amour. Je passai sur le siège, l’autre me suivit avec tous ses ustensiles et le maquillage qui allait avec. Qu’allait-il faire de moi ? J’avais peur, je ne voulais pas devenir… Ken ! Voila qu’il me bandait les yeux ! Ramon me rassura, heureusement qu’il était là ! Après une heure passée les yeux fermés, je pus enfin me regarder dans une glace, je voulus l’étriper, c’était compréhensible, d’abord, ce con m’avait teint les cheveux, j’étais passé du châtain au brun, et puis il m’avait fait une espèce de mèche ridicule qui partait sur le côté droit sur mon crâne. Je regardai de plus près, ah oui, c’est bien ce que je pensais, il m’avait foutu une tonne de laque, ma chevelure luisait comme de l’inox… J’en vins à une conclusion, j’étais réellement devenu Ken, qu’allais-je faire ? L’étriper ? le fusiller ? le noyer ? Ramon essaya de me calmer mais rien n’y fis, je lui sautai dessus, cependant, je m’arrêtai vite, le coiffeur me mit la facture sous le nez, au total, j’en aurais eu pour autant en fringue qu’en coiffeur… Ramon m’avança de nouveau, heureusement d’ailleurs. On avait enfin fini, cette journée de calvaire était terminée. Avant de partir, le coiffeur me lança à travers la porte : « J’ai aimé coiffer tes cheveux en matière de cheveux ». Il ne valait mieux pas que je me retourne, il serait mort sur place. Ramon se dépêcha de me faire entrer dans la voiture et je tentai d’oublier cette histoire ridiculement idiote. La fatigue s’accumulait de jour en jour alors que je n’avais même pas pu profiter de MA boîte de nuit, c’est quand même fou… D’autant que demain, j’avais une réunion très importante avec les plus gros actionnaires de la boîte, je partis donc me coucher tôt. Je m’allongeai, cela faisait depuis sept heures ce matin que j’attendais ce moment. Je posai ma tête sur mon oreiller digne des plus grands princes et je fermai les yeux. J’étais prêt à dormir. Mais une chose importante me traversa l’esprit, c’est toujours comme ça, je repensai à la mallette, aux avocats et… Oh putain ! Je n’avais toujours pas trouvé d’appartement à Singapour, comment allais-je m’en sortir. Heureusement, Ramon allait sûrement avoir une solution, j’essayai de dormir à nouveau, mais rien à faire, je ne fermai les yeux seulement vers cinq heures du matin…

A neuf heures ce putain de réveil se mit à sonner, me rappelant que j’avais une boîte à faire tourner, quelle merde, ce boulot commençait vraiment à m’ennuyer, je regrettais presque ma brosse à… Bref, vous comprenez, pas besoin de dessin… L’achat d’un appartement à Singapour était à l’ordre du jour, je pris un copieux petit déjeuner puis j’appelai Ramon :
- Allo Ramon, désolé de te déranger de si bonne heure, je ne voulais pas t’en parler, mais à peine trois jours après le début de mon imposture, j’ai croisé les avocats d’une certaine mademoiselle Enigma.
- Tu déconnes, Enigma ? Pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant, tu te rends de ce que ça représente ?
- Non justement, c’est pour ça que je t’appelle, c’est qui cette meuf ?
- Cette « meuf » comme tu dis, c’est la plus grosse personnalité d’Ibiza, tu as beau avoir les nettoyeurs pour toi, elle, elle possède toutes les sociétés de l’île, toutes à part les boîtes de nuit, qu’est ce qu’elle te veut ?
- Ils veulent la mallette et il doit rembourser une somme importante…
- Il n’y a pas un Arlequin pour rattraper l’autre, François, Enigma, c’est comme les nettoyeurs, elle peut tuer des gens en faisant passer ces morts suspectes pour des suicides…
Sur le moment, je repensais à l’article de journal qui le concernait, je n’avais toujours pas réussi à régler ce problème… De nouveau, je fus obligé de faire avancer la conversation pour en venir à l'appartement de Singapour.
- Ramon, vu tout ce que JE possède, aurais-je, par le plus grand des hasards un appartement à Singapour ?
- Pourquoi cette question ? Tu me fais peur…
- Je leur ai dis que la mallette se trouvait à Singapour. Tu me sauverais la vie si tu me disais que j’en avais un…
- Non tu n’en as pas, regarde dans ton carnet d’adresse, je crois qu’un mexicain en possède un, je te laisse, j’ai du travail, à plus tard.
Je pris MON répertoire, il était extrêmement épais, l’Arlequin avait même du rajouter des pages, je tournai les pages en espérant voir le mot « Singapour » écrit parmi les adresses de tous ces gens. Dans mon bureau, la télévision était restée allumée, sur l’écran plasma deux cents dix huit centimètres, Haute Définition, 3D et blu-ray, je vis la bouille enfantine de ce petit con de Justin Bieber. Comment était-il arrivé à une place aussi haute ? J’aimerais bien le savoir, là, il faisait la publicité pour son film, il faut tout de même avouer qu’il avait trouvé un bon titre : « Ne jamais dire jamais ». Et c’était vrai, je n’aurais jamais pensé me retrouver ici, à la tête de l’une des plus grosses fortunes du monde, et pourtant… Mais revenons à notre petit adolescent, je suis sûr qu’il sera retomber dans l’anonymat avant d’avoir eu le temps de dire « Baby ». Et puis, entre nous, ce pauvre petit à du choper une vilaine maladie génétique à la naissance, on dirait qu’il a perdu le gène « puberté » durant le trajet. Non mais c’est vrai, c’est quand même le seul mec que je connais qui n’a pas un pet de bouton à ses seize ans, moi, au niveau des boutons, j’ai été servi, je crois même qu’ils m’ont filés du rab… Enfin bon, la puberté ça à du bon, et justement lui, il a raté le coche, il n’a pas la voix virile des VRAIS adolescents. Bon, par contre, pour avoir ce petit plus, t’as une période d’adaptation, faut accorder l’instrument quoi… Mais lui, il a beau avoir une voix de tapette, il a quand même les filles à ses pieds, le monde à l’envers non ? Une dernière chose, c’est quand même le seul « chanteur » que je connais qui fait payer soixante dix euros pour le voir en version miniature sur la scène de Bercy, l’arnaque moi je dis… Revenons à son film, une autobiographie à seize ans, vous vous rendez compte ? Qu’est-ce que vous voulez qu’il raconte à seize ans ? L’âge auquel il a arrêté de sucer son pouce ? Celui auquel il a percer son premier bouton ? Ah non, c’est vrai, il n’en a pas… Bon, je vais arrêter de parler de lui, il n’en vaut pas la peine… Je zappais, et je tombai sur une chaîne musicale qui passait « I gotta feeling » des Black Eyed Peas, qu’est ce que c’est que cette chanson, « J’ai un sentiment », c’est n’importe, ces chansons américaines me surprendront toujours. Je revins à mes recherches, après quelques minutes, je trouvai enfin ce que je cherchai, Aaron, c’était l’homme de la situation, un mexicain. Je l’appelai directement :
- Allo, Aaron ?
- Monsieur, que me vaut ce plaisir ?
- Le plaisir que tu vas gentiment me léguer ta baraque !
- Quoi ?
- T’as très bien compris Pépito, alors tu vas prendre ton poncho et ton sombrero et tu vas gentiment retourner chez toi, dans ton pays…
- T’as cru toi !
- Pardon ? Tu te fous de ma gueule en combien d’exemplaires là ? C’est qui le Boss ici ? C’est moi le Boss ! T’as même de la chance que je ne t’élimine pas pour avoir opposé une résistance contre l’Arlequin. T’as une heure pour partir, tu m’entends ? Une heure !
Je raccrochai sans faire d’histoire, la première partie du plan était réalisée, malheureusement, c’était la plus simple, car je n’avais toujours pas la mallette et les avocats d’Enigma allaient rappliquer. En cinq minutes, je venais « d’acheter » une maison à Singapour, à moindre frais, pas mal ! Cette histoire m’avait poussée jusqu’à treize heures, j’avais invité Océane à déjeuner, pour me faire pardonner, elle avait trouvé ça « Choupi », j’aimais ce mot, je suis donc rentré dans son jeu, très vite, on s’était rebaptisé Choupi et Choupinette… Ce repas en compagnie de celle que j’aimais fut extraordinaire… Mais bon, ça risque de vous ennuyer un peu, donc je vais effectuer une avance rapide pour votre confort… Oh et puis non, je veux vous faire partager mon bonheur, vous avez bien cinq minutes non ? Je crois que je n’avais jamais rien dis d’aussi beau à une femme… Je lui avais aussi fais un discours sur la raison de vivre, j’étais fier de moi, voila comment ça avait commencé…
- François, tu vas peut être me trouver bête, mais je posais une question l’autre jour, est-ce qu’il y a une raison de vivre ?
- Il y a toujours une raison de vivre, un objectif à atteindre.
- Mais il y a beaucoup de malheurs dans le monde, il y a des SDF par exemple, il n’y a donc pas de raisons de vivre, ce n’est pas leur faute s’ils sont si malheureux…
- Les SDF AVAIENT un objectif, ils n’ont pas encaisser les coups de la vie, c’est tout. Elle a beau être belle, elle apporte parfois son lot de déception.
- Oui, tu as peut être raison, je ne sais pas pourquoi je t’ai dit ça… Tu tiens à moi ?
Qu’est-ce que c’est que ces questions sans intérêt ? Je pris tout de même le temps de lui répondre :
- Evidemment que je tiens à toi ! Et pour moi, toute les personnes que je connais ont une place dans mon coeur, et je n'oublierais jamais personne, car ils ont contribués à faire de moi ce que je suis devenu…
- C’est magnifique, je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’amour pour un homme…
Bienvenue à Foculand, je voulais bien croire qu’elle m’aimait, mais bon, faut pas non plus dire des choses aussi fortes que ça, j’avais envie de lui sortir « Big LoL », comme disent les jeunes d’aujourd’hui, je me suis tout de même abstenu… C’était la fin de ma pause je devais partir.
- Bon bah mon petit cœur, je vais te laisser, j’ai beaucoup de choses à faire, t’aimer par exemple. Je t’aime, et tu ne pourras rien y changer…
- Je ne voulais pas essayer non plus…
Ça c’est la classe moi je dis ! On s’embrassa avec fougue puis on partit chacun de notre côté. Ce soir, je l’avais invité à venir à la boîte, j’avais, une surprise pour elle…

Je me rendis maintenant à la réunion avec les gros actionnaires, en effet, la semaine que j’avais passé aux commandes aux commandes avait fait chuter les rendements de la boîte, ils s’inquiétaient, c’était normal, après tout, il avait perdu beaucoup d’argent… Mais je n’avais pas envie de leur parler, je ne voulais être que dans les bras d’Océane, je les accueillis donc avec la plus grande des hypocrisies. Ces actionnaires, c’était cinq hommes aussi ronds que des boules de billard qui étaient avachis dans les canapés de MON entrée, ils fumaient des gros cigares…
- Bonjour messieurs, je vous préviens, je n’ai pas beaucoup de temps.
- Oui je vous comprends l’Arlequin, le temps c’est de l’argent, et les montres, ça coûtent cher…
Pour comprendre cette phrase, il m’avait fallu un temps de réaction. Vous avez ris à cette blague douteuse ? Moi non plus… Mais les personnes qui étaient autour de moi riaient à gorges déployées, mais le pire, c’est qu’ils ont renchéris sur cette blague, ça avait failli devenir la honte de ma vie, heureusement, j’ai réussis à transformer ça en scène comique complètement absurde et sans intérêt… Un autre avait dit :
- En effet, ça coûte cher, surtout quand on a une Rolex, et toi l’Arlequin, c’est quoi ta montre ?
Voila la parole qui a faillie tuer la conversation, ma montre… J’avais beau avoir passé une journée à renouveler TOUTE mon apparence, j’avais oublié ce détail insignifiant, je n’avais donc pas changé de montre… Heureusement « le grand Monde » ne connaissait pas cette marque si « chère » et si « prestigieuse » que l’on achète dans un grand magasin de sport… Enfin bref, j’avais répondu :
- Moi, c’est une collection à tirage limité, c’est une Rip Curl, il n’en existe que 500 dans le monde, je l’ai acheté quatre cents mille euros, quelques heures après quelle soit mise sur le marché…
- Oui, c’est, original, ça change, bracelet en plastique, cadran digital, il n’y a pas à dire, ça change…
- Et le cadran s’allume pour la nuit, s’il vous plaît.
Ouf, j’étais sauvé… Peu après, la réunion commença, des chiffres, des chiffres et toujours des chiffres… Durant cette semaine, la boîte avait perdue plus d’un million d’euros, ça fait mal quand même… Je m’ennuyais, les boules de billard me montraient tout un tas de graphiques dont je me fichais éperdument… Après trois heures passées à mes côtés, ils partirent enfin… Et moi, j’allais pouvoir enfin me reposer… Océane arriva à la boîte, on dansa pendant longtemps, puis je fis évacuer la piste, je l’emmenai au centre, m’agenouillai et lui offrit une bague. Ce cadeau fut accompagné d’un beau discours qui avait ému toute la salle.
- Océane, voila maintenant une semaine que l’on se connaît, ce n’est pas beaucoup, je sais, mais mon amour pour toi est déjà infini. Je t’offre cette bague en gage de mon amour. J’espère qu’elle te plaira, je t’aime tant, et j’espère que tu deviendras bientôt ma femme…
Larmes aux yeux, accolades qui durent des heures etc… Bref, si on vous a déjà demander en mariage, vous vous reconnaîtrez. Je demandai ensuite à Ramon de passer un slow, pas n’importe lequel, un de mes préférés : Heart Breaker du film Disco avec Franck Dubosc. Beaucoup n’aiment pas ce personnage, je sais, mais cette musique est si magnifique qu’il vous suffira de l’écouter pour l’aimer… L’un des plus beaux slows de ma vie, nous étions enlacer, nous ne faisions qu’un, qu’est ce que l’amour est beau quand il est là…
Le lendemain, ce ne fut pas la même chanson, c’était beaucoup plus éprouvant que la veille… Ramon arriva vers onze heures – onze heures et demie, jusque là, tout allait bien, on parla pendant un bon moment, il essayait toujours de faire le cube, après une heure, il avait enfin réussi ! Je le félicitai, en quarante ans, je n’avais jamais réussi à ne faire ne serais-ce que deux faces. Maintenant qu’il était terminé, je ne savais pas quoi en faire, je scrutai les moindres recoins de mon bureau pour voir s’il y avait une petite place pour le cube multicolore, dans un coin se trouvait un socle en marbre avec une petite plaque en or massif sur laquelle était gravée « socle pour rubik's cube ». Je posai donc le cube sur ce socle. Dès lors, le portrait géant de l’Arlequin se mit à vibrer et se décala vers la droite. Je n’en crus pas mes yeux, un endroit uniquement construit en coussins insonorisés blancs s’offrait à moi, on se serait crû dans une salle secrète de la maison de Secret Story. Je me tournai vers Ramon.
- Je crois qu’on a touché le Jackpot mon pote.
Il envoya un S.M.S. et vint me faire un check, il était aussi heureux que moi, on entra, ça avait beau être une cachette secrète, on ne trouva rien d’intéressant, enfin si, je rendis compte que c’était aussi une immense penderie, il y avait plein de costars, de chaussures, de pantalons. En gros, je m’étais fait chier à faire les courses, pour rien… Au milieu, il y avait une table avec un dossier bleu, j’ouvris celui-ci, dedans se trouvaient des articles des journaux sur l’Arlequin, les photos avaient été floutées pour qu’on ne reconnaisse pas son visage, cependant, je pus lire les textes. Apparemment, l’Arlequin avait fait beaucoup de théâtre dans sa jeunesse et c’était un très bon comédien. Par la suite, j’essayai de trouver un mécanisme ou quelque chose du genre, il devait bien y avoir un moyen de trouver de l’argent ! Une idée me traversa l’esprit, pourquoi n’appuierais-je pas sur le centre de chaque coussin insonorisant, en effet, on trouvait en chacun des centres, des boutons recouverts de soie.

Ramon s’attela lui aussi à la tâche, à peine quelques secondes après avoir commencé à chercher, l’une des cases molletonnées s’ouvrit, laissant apparaître un coffre fort, il n’y avait pas besoin de code, après l’avoir ouvert, je me rendis vite compte que celui-ci n’était pas occupé que par de l’argent, en effet, il n’était pas bien large mais était extrêmement profond, donc en plus de mallettes d’argent, on trouva une grande quantité d’armes, nous continuâmes à chercher d’autres coffres, après un quart d’heure nous en avions ouverts une dizaine, on avait trouvé de tout, notamment des choses compromettantes sur l’Arlequin… J’étais tellement énervé par cette découverte que j’en avais oublié la précieuse mallette, où était-elle ? J’essayai d’ouvrir le dernier coffre en bas à droite, comme dans les films. Il s’ouvrit pour découvrir une grande valise de voyage. Elle contenait une grande quantité de dossiers jaunes. Les mêmes que ceux que j’avais trouvé dans mon bureau. J’en conclus que c’était ça, la mallette. Comme sur les autres dossiers, le nom des personnes concernées était annoté sur le dossier, il y en avait une bonne vingtaine. Il devait bien y avoir celui de Mademoiselle Enigma… J’allais enfin pouvoir me débarrasser de ces avocats véreux, je tentai d’appeler Océane, pour la prévenir que je ne serais pas libre de la journée, je dus laisser un message, elle n’était pas disponible. Peu après, je contactai les avocats pour leur dire que j’avais la mallette et qu’ils devaient me rejoindre dans ma villa de Singapour pour l’heure du dîner, je leur communiquai l’adresse puis raccrochai.
- Ramon, rassures moi, j’ai un jet privé ?
- Bien sûr, en à peine six heures, nous arriverons à Singapour, il faut partir maintenant par contre…
Nous nous rendîmes sur le toit de la boîte de nuit, le jet était là, il était de couleur argentée et MES couleurs se trouvaient sur le nez de l’avion. A l’intérieur, il y avait tout ce qu’on pouvait trouver : un salon avec écran plat, un billard… Un des cuisiniers de la boîte avait même été réquisitionné pour nous préparer des cocktails durant le voyage. Je passai le trajet à trouver un moyen pour sauver Ramon, je ne réussis pas… Je tentai aussi d’appeler Océane, une fois de plus, je tombai sur la messagerie, je dus lui laisser une quarantaine de messages… Nous arrivâmes enfin à l’aérodrome à proximité de l’appartement, nous étions à peine arrivés devant la porte que je vis surgir les deux avocats, c’était des rapides. Nous entrâmes chez moi, j’avais caché la mallette dans une plus grande valise, pour ne pas éveiller les soupçons. Je découvris l’appartement en même temps qu’eux, à vrai dire, ça ne ressemblait pas à un appartement, c’était même plus grand qu’une maison… Nous nous installâmes dans le grand salon. Le thème dominant était l’Afrique, apparemment… Une multitude de têtes d’animaux de la savane étaient accrochées aux murs. J’avais vraiment flanqué les foies à cet homme, il était parti sans rien emporter. Je proposai un whisky à mes invités, ils refusèrent, ils voulaient voir la mallette. J’ouvris donc la valise, ils contemplèrent chacun des dossiers que je posais soigneusement sur la table basse. Au fur et à mesure que je les posais, le tas diminuait et toujours pas de « dossier Enigma ». J’aurais du vérifier… Ramon ne bougeait pas d’un poil, il était comme pétrifié, les deux autres sortirent leurs armes, sauf que là, ils ne pouvaient pas me rater s’ils tiraient…
- Je vous jure que je ne sais pas ce qui s’est passé, la mallette n’a pas bougée depuis des mois.
- On a l’habitude de ce genre de coup fourré, c’est pourquoi nous avions tout prévu, il prit son téléphone et composa un numéro… Allo ? Mademoiselle Enigma ? Non, nous n’avons pas votre dossier, il n’est pas dans la mallette, c’était prévisible… Passez moi Océane.
Les monstres ! C’est pour ça qu’elle ne répondait pas au téléphone, ces salauds l’avaient prise en otage, je sautai sur le petit gros.
- Qu’est-ce que tu lui as fait ? Si Enigma touche à un de ses cheveux, je la tue !
- Calmez-vous Monsieur l’Arlequin… Ne proférez pas de menace contre Mademoiselle Enigma, sinon, nous allons sévir, je crois que votre amie veut vous parler.
- Allo, mon amour ?
Océane pleurait, elle avait très peur, ça s’entendait.
- Viens me sauver François, vite…
Il me retira le téléphone et raccrocha, puis il pointa de nouveau son arme sur moi.
- Attends Gaspard, c’est quoi cette merde ? Pourquoi elle t’appelle François ?
Ramon prit ma défense.
- T’es con ou quoi ? Ils s’appellent comme ils veulent, il a bien le droit d’avoir un deuxième prénom, et comme l’Arlequin est un personnage très médiatisé, lorsqu’il est avec ses proches, il prend son deuxième prénom…
- Ouais, si tu veux…
- Cherches pas, t’es trop con pour comprendre…
L’avocat ne préféra pas renchérir, ça aurait fini en bain de sang. Ils partirent tout de suite après. J’avais eu chaud, j’allais vite entendre parler de ce changement de prénom, Ramon avait donné une explication beaucoup trop compliquée, ils ne nous avaient pas crus… Putain ! Pourquoi avais-je touché à cette putain de pièce de deux euros ? A cause de ça, celle que j’aime est en danger de mort. Tout comme moi… Et, ne parlons pas de Ramon ! Nous rentrâmes à Ibiza, comme si de rien était, nous devions trouver un moyen de sauver Océane. Je voulais faire le vide dans ma tête, oublier cette histoire. Mais à l’époque, je ne savais pas que j’allais la sauver seulement dix jours plus tard… Demain, je voyais le DJ Ridoo, c’était un show spécial, je mixais accompagné de Ramon contre lui, une sorte de « battle » comme on dit dans le jargon… Je devais gagner ! C’était mon plus grand rival : je devais m’en débarrasser… M’en débarrasser ? Non, je n’allais pas tuer une deuxième fois, pas encore… Comme un vampire, j’avais envie de sang, j’allais une fois de plus aller au bout de mon plan. De toute façon, qui sera au courant à part Ramon ? Je le prévins, il était d’accord, enfin, il n’y voyait pas d’inconvénient, ce n’était pas son problème si je me faisais prendre, mais de toute façon, pourquoi me ferais-je prendre ? Je suis l’Arlequin merde ! J’avais un plan d’attaque contre lui digne des plus grands thrillers. Pour la première fois, je rencontrai le DJ Ridoo, le show commençait dans une heure et demi, une heure et demi à attendre et il sera mort. Il me salua avec une grande hypocrisie, n’y a-t-il personne de sincère dans ce monde de VIP ? Moi, j’ai toujours eu la franchise d’être franc, c’est ma force.
- Salut l’Arlequin, ça faisait longtemps !
- Ouais, content de te retrouver mon pote !
- T’as écouté mon nouveau mix ? Je te l’ai envoyé ce matin…
- Oui, oui, je l’ai écouté en boucle !
- Ah bon ? Et t’as aimé ?
- Enfin, en boucle, c’est un bien grand mot, je l’ai écouté en boucle à peu près deux fois, après je me suis arrêté.
- T’as aimé au moins ?
- Ce n’est pas que je n’aime pas, mais ça me donne envie de gerber, ce n’est pas contre toi, mais ta musique, c’est de la merde…
Le « clash » avait commencé et allait vite se terminer, de façon bien sanglante et « bien arrosé ». Il me regarda avec beaucoup de mépris puis se retira. Vers vingt heures, je m’occupai personnellement de son entrée plus que spectaculaire… On l’installa dans un tuyau en dessous de la scène, à vingt heures quinze, le tuyau devait le monter à la hauteur du sol pour qu’il se fasse applaudir… A vingt heures cinq, je me suis mis à mes platines pour faire mon discours habituel, mais ce n’était pas pareil, mon Océane, ma Choupinette, mon amour, la prunelle de mes yeux, n’était pas présente…
- Bonjour à tous et bienvenue à « La maison de l’Arlequin », la plus grande boîte de nuit d’Ibiza, ce soir, vous allez assister à un battle entre mon collègue le DJ Ridoo et moi-même. Etes-vous prêt à danser jusqu’à midi ? Dans une minute trente, le DJ Ridoo surgira de sous vos pieds pour notre battle. Je vous demande un tonnerre d’applaudissement pour le DJ Ridoo !
Celui-ci était dans son espèce de tuyau, en train de vivre les trente secondes les plus longues de sa vie, il ne pouvait pas entendre le compte à rebours qui annonçait son entrée au dehors, quand on arriva à « 25 », je fis un signe à Ramon. Il activa le mécanisme, digne d’un des films Saw. Tout d’abord, comme le tuyau dans lequel se trouvait mon rival était ouvert pour le laisser sortir, une plaque de plexiglas coulissa pour en fermer l’accès, ensuite, il activa le système d’arrivée des eaux : des tuyaux déversèrent à l’intérieur du tube de l’eau jusqu’à le remplir. Son sort était scellé. Pour couvrir le bruit de ses plaintes, je lançais une chanson de David Ghetta… Je l’imaginais en train de se noyer, j’avais un sourire au coin des lèvres. J’étais devenu un monstre. Le compte à rebours de la foule arriva à terme, des feux d’artifices se déclenchèrent à l’endroit où se trouvait le tuyau, je les avais programmé, comme pour fêter sa mort. Je fis ensuite le noir sur cet endroit de la piste, pour cacher les atrocités qui se trouvaient à l’intérieur. Devant les plaintes de mes clients, j’essayais de sauver la situation : quart d’heure impro. !
- Messieurs dames, je suis au regret de vous annoncer que mon ami le DJ Ridoo ne se sentait pas bien, il vient juste de partir, il a préféré rentrer chez lui pour se reposer, ne lui en voulez pas, la vie de VIP est parfois dure !
Mon public répondit par quelques rires et oublia vite cette histoire, pour lui rendre hommage, je passai le mix de ce moins que rien, je lui devais bien ça. Ça me faisait un concurrent de moins sur le marché du travail. Je devais m’arrêter, Ramon n’avait pas menti : le pouvoir était en train d’empiéter sur ma personnalité… Le lendemain, je fis paraître, par le biais des nettoyeurs un article sur le DJ Ridoo, la drogue avait mis en cause. Vers midi, je reçus l’appel d’un certain « Papa Razzi ». Ramon m’avait vaguement parlé de lui, le Papa Razzi voulait me voir, c’est lui qui imposa l’heure du rendez-vous… J’avais eu seulement dix minutes pour me préparer à son attaque. Ramon n’avait pas répondu à mon appel, j’avais besoin de lui, et il n’était pas disponible, évidemment… A midi pile, un homme moustachu et assez enrobé avec un appareil photo doté d’un zoom gigantesque entra dans mon bureau, sans même me serrer la main. Pourquoi tout le monde met des vents à tout le monde dans ce « monde » ?
- Monsieur l’Arlequin, cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas fait affaire !
- Vous êtes le Papa Razzi, c’est bien ça ?
- Waaah… Ça doit faire longtemps que l’on ne s’est pas vu alors ! Tu veux que je te rappelle les règles du jeu ?
- Si ce n’est pas trop vous demander…
- En gros, je vous ai surpris à plusieurs reprises en train de commettre des meurtres cette semaine, et j’ai des photos…
Oh putain, il m’avait vu tuer le DJ Ridoo et mon « meilleur ami », qui avait bien pu me doubler ? Cet homme me faisait peur, j’attendais la suite avec impatiente.

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féfée
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MessageSujet: Re: C'est moi le boss (deuxième partie)   C'est moi le boss (deuxième partie) EmptyMar 26 Avr - 17:20

Passionnant ! J\'aime !

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Damona Morrigan
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Damona Morrigan

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MessageSujet: Re: C'est moi le boss (deuxième partie)   C'est moi le boss (deuxième partie) EmptyLun 2 Mai - 0:41

Eh bien, que de rebondissements ! Bravo !

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